admin on 17 décembre 2014

La Kasbah la plus ancienne de Sousse, construite en 844, était située sans doute en un tout autre endroit que la forteresse actuelle. Il ne subsiste dans celle-ci, mise à part la tour de Khalef, aucun vestige attribuable à une époque antérieure au XIème siècle.
Dans cette citadelle, qui fut maintes fois remaniée depuis sa fondation, on distingue trois grandes campagnes de construction, sans compter les adjonctions du XIXème siècle.

 

Kasbah de Sousse

Kasbah de Sousse

 

Le premier état du secteur correspond à la construction des remparts urbains et du Grand Manar. Ces opérations ont été effectuées en 859.
A cet endroit, qui est le point culminant du site, le niveau du sol se trouve à une quarantaine de mètres au-dessus de celui de la mer.
L’accès à cette Kasbah se faisait par une entrée coudée, aménagée dans une grande tour carrée. Elle subsiste encore, et son architecture suggère une date de construction postérieure au Xème siècle.

 

Kasbah - Sousse

Kasbah – Sousse

 

Dans cette forteresse on a réutilisé une grande citerne, probablement d’époque byzantine, dont les voûtes sont supportées par des colonnes antiques remployées avec leurs chapiteaux. L’étape suivante est représentée par la construction, intra-muros cette fois, d’un bâtiment allongé dont l’entrée en chicane était au nord, dans une tour polygonale semblable à celle de la Kasbah de Monastir.
On pourrait identifier ce bâtiment au logement du gouverneur qui y aurait transféré sa résidence, ayant utilisé jusque-là l’ancien palais aghalibide. Celui-ci s’élevait quelque part à l’intérieur de la ville. Une grande place le bordait où l’on passait les troupes en revue.
En 1470, un voyageur hollandais a comparé la Kasbah de Sousse à celle de Monastir, pour conclure que cette dernière était de beaucoup, la plus grande des deux.

 

DCF 1.0

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admin on 17 décembre 2014

Cette petite mosquée a été construite sous le règle de l’émir Abou Iqâl (838 -841) par l’affranchi dont elle a gardé le nom.

Depuis cette époque, elle a été déformée par des travaux qui en ont fait une mosquée de quartier. Ce qui n’était probablement pas sa destination originelle.
De son premier état, il ne reste plus qu’une petite salle de prières, précédée d’un porche. Une annexe y a été ajoutée par la suite, qui communique avec la salle ancienne par deux ouvertures percées sans le mur oriental de cette dernière.
Un minaret a été bâti sur la terrasse de couverture.

La mosquée de Bou Ftata – Sousse

La mosquée de Bou Ftata – Sousse

Presque carrée, la salle de prières primitive mesure 8 mètres de côté environ. Elle se compose de trois nefs voûtées en berceau sur doubleaux et de trois travées.
Les supports sont des piliers cruciformes surmontés d’arcs en plein cintre outrepassé.
Le mirhab, en niche à cul-de-four, est flanqué de deux colonnettes.
Le sol de la salle est un peu surélevé, aujourd’hui, par rapport à son niveau primitif.
Le porche, voûté en berceau, s’ouvre sur l’extérieur par trois arcs analogues à ceux de la salle. Au sommet de la façade, on voit l’inscription coufique en relief qui date la construction.
C’est l’exemple le plus ancien, en Ifriqiya (appellation d’une partie du territoire d’Afrique du Nord pendant le moyen-âge occidental), d’une inscription faisant corps avec la maçonnerie du monument.

Cette petite mosquée de Bou Ftata est comparable, par ses dimensions, à celle de la Sayyda à Monastir, qui faisait partie d’un ribat du XIème siècle. De vingt ans plus ancienne que la Grande Mosquée de Sousse, elle a servi de modèle à cette dernière et a un sans doute été bâtie par le même architecte. Celui-ci s’est peut-être inspiré de la salle de prières du ribat, à laquelle il a emprunté, notamment, le mode de couverture de son ouvrage : la voûte en berceau sur doubleaux.

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admin on 26 novembre 2014

L’étude archéologique a montré que l’ensemble du monument datait en réalité de la fin du VIIIème siècle.

Ribat de Sousse

Ribat de Sousse

 

Le plan du Ribat de Sousse dessine à peu près un carré. Il mesure 38 mètres de côté environ, ayant été conçu pour concevoir une garnison de 50 hommes au maximum. Il est pourvu aux angles de tours rondes, sauf au sud-est où se trouve le grand socle carré de la tour-vigie. Des tours demi-rondes figurent au milieu de trois courtines. Au sud, on trouve à la même place le porche rectangulaire, qui précède l’unique entrée du fortin. Il est ouvert sur l’extérieur par un arc reposant sur des colonnes antiques remployées.

Mais ce porche, en apparence accueillant, est en réalité un piège.
On entre dans un vestibule carré, couvert d’une voûte très remarquable. C’est en effet une véritable voûte sur « croisée d’ogives ». Elle est composée d’arêtiers en pierre de taille qui butent sur une grande clef carrée. De part et d’autres du vestibule se trouvent des « salles de gardes » au sol surélevé. Au fond de chacune d’elles le mur est défoncé de plusieurs niches. Ce sont les casiers à livres d’une bibliothèque.

 

Ribat de Sousse - Vue d'extérieur

Ribat de Sousse – Vue d’extérieur

 

Dans le porche et le vestibule on remarque de nombreux éléments antiques remployés : colonnes en marbre ou en granit, chapiteaux et surtout de beaux corbeaux byzantins en marbre de Proconnèse.

Les gros murs du Ribat sont en partie assis sur des fondations antérieures de l’islam. Des sondages effectués en 1951 ont rencontré en outre des sols pavés de mosaïques et d’autres vestiges antiques s’échelonnant du IIème au VIème siècle.

Au centre de la cour, autour de laquelle se développent les quatre ailes du bâtiment se trouvait un grand puits construit en pierre de taille (aujourd’hui supprimé). Sous les deux cellules de l’ouest, dans lesquelles un petit hammam a été installé à une date inconnue, une grande citerne constituait une réserve d’eau supplémentaire.

L’escalier d’accès au premier étage, qui avait été manifestement oublié par le constructeur, a été ajouté après  coup devant ce portique de l’aveuglant en grande partie. Aussi les cellules correspondant à ce côté dont privées de lumière. C’étaient des dépôts de vivres et d’armement.

Au premier étage, trois ailes sont occupées par les cellules des marabouts, la quatrième étant entièrement réservée à la salle de prières.

Une rangée de piliers cruciformes divise la salle en deux travées d’inégales largeurs et onze nefs, séparées les unes des autres par des arcs en plein cintre et en anse de panier.

 

Ribat de Sousse - Minaret

Ribat de Sousse – Minaret

 

La porte d’entrée de la tour-vigie est très basse. Elle est surmontée d’une plaque de marbre dont l’inscription est gravée en creux. Elle se lit ainsi «  Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux. La bénédiction vient d’Allah ».

 

Ribat de Sousse - Architecture Tunisie

Ribat de Sousse – Architecture Tunisie

 

Le sol s’est considérablement élevé autour du monument au cours des siècles. En 1847, la dénivellation dépassait 3 mètres. Il fallut alors construire un escalier qui permit d’accéder à la cour. Il fut protégé par un avant-corps auquel on incorpora une fontaine publique (sebil). Puis diverses constructions vinrent s’adosser aux parois du monument, et aussi un petit cimetière privé.

 

Ribat de Sousse  - intérieur

Ribat de Sousse – intérieur

 

Ribat de Sousse  - vue d'ensemble

Ribat de Sousse – vue d’ensemble

 

Ribat de Sousse - Porte principale

Ribat de Sousse – Porte principale

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admin on 25 février 2014
Palais-baron-Erlanger-Tunisie

Palais-baron-Erlanger-Tunisie

A l’ abri des regards indiscrets, sur la colline de Sidi Bou Saïd, se niche un trésor architectural. Comme un passage temporel, cette grande et massive porte peinte en jaune et cloutée de noir ouvre sur la demeure exceptionnelle du baron Rodolphe d’Erlanger.

Séduit par la lumière de ce modeste village et profitant du climat pour soigner ses bronches, Rodolphe François, Baron d’Erlanger s’installe à Sidi Bou Saïd et entreprend la construction du Palais en 1912. Selon la légende, l’aristocrate d’origine allemande s’est armé des meilleurs artisans tunisiens, marocains et égyptiens pour concevoir ce qui sera le premier monument historique classé après l’indépendance. C’est ainsi que voit le jour, en 1922, le Palais que l’on appelle aujourd’hui en arabe littéral « Ennejma Ezzahra ».

Traduit en français, l’Etoile Resplendissante, en dit long sur son standing. Tandis que la façade extérieure du Palais est inspirée du style mauresque, celui-ci renferme comme un secret bien gardé, une architecture mêlant harmonieusement les styles arabo-andalou, italien et espagnol. Dès l’entrée, le regard est attiré par la galerie centrale du Salon d’honneur et son décor en plâtre finement ciselé que l’on retrouve dans toutes les pièces.

Palais-du-Baron-dErlanger-à-Sidi-Bou-Saïd

Palais-du-Baron-dErlanger-à-Sidi-Bou-Saïd

Profitant du calme et de cette lumière unique, le baron peintre de métier a installé son atelier dans l’aile Est du Palais. Certaines de ses œuvres y sont encore exposées, comme figées dans l’éternel. Toutefois, l’artiste a employé les dernières années de sa vie à la traduction de traités musicaux arabes du Moyen-âge avec l’aide de musiciens tunisiens.

Cédé à l’Etat en 1991 par les descendants du Baron, le Palais abrite aujourd’hui le Centre des musiques arabes et méditerranéennes.

Palais-baron-Erlanger-Tunisie

Palais-baron-Erlanger-Tunisie

 

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admin on 21 février 2014

Situé au 114 et 116 de la rue de Yougoslavie, à Tunis, l’immeuble Desegni réalisé en 1908 est l’œuvre de l’architecte Auguste Peters pour le compte d’Adolphe Disegni.
Adolphe Disegni fut à la tête de la Banque foncière belgo-tunisienne et propriétaire de nombreux terrains dans la partie Nord de la ville de Tunis. Cet homme fortuné s’engage dans des actions de bienfaisance tout particulièrement envers la communauté italienne.
L’immeuble qu’il décide d’édifier, rue de Yougoslavie devait être à son image : une architecture éclectique qui se distingue par une façade richement décorée et agrémentée de moulures à la vénitienne et d’encorbellements. Au-delà du décor, l’architecture développée par Auguste Peters en fait l’un des immeubles les plus remarquables de Tunis. Le hall d’entrée et la cage d’escalier sont pourvus d’arcades qui rappellent celles de la façade. Le motif de la rampe d’escalier en fer évoque les ailes déployées d’un oiseau et compta parmi l’un des chefs d’œuvre de la ferronnerie.
Les façades du hall ont été classées en 2000 pour les carreaux de faïences biseautés blanc et vert semblables à ceux du métro parisien inauguré en 1900.

Façade_de_l'immeuble_Disegni

Façade_de_l’immeuble_Disegni

Détail_de_l'immeuble_Disegni

Détail_de_l’immeuble_Disegni

 

Intérieur immeuble Disegni rue de Yougoslavie

Intérieur immeuble Disegni rue de Yougoslavie

 

admin on 2 septembre 2013

De part son architecture, ses faïences et ses fers forgés, Sidi Bou Said nous rappelle les villages grecs. Mais il s’agit bien d’un village arabe avec une touche italienne et mauresque.

Sidi Bou Said

Sidi Bou Said

C’est à l’époque de Hussein Bey que ce village est né. Une mosquée à quatre dômes a été construite avec une Koubba pour abriter la tombe d’Abou Said. Read the rest of this entry »

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admin on 22 juillet 2013

L a Médina de Tunis : Une perle architecturale, un condensé d’anciennes histoires et un ensemble de palais et de grandes demeures…. Bref, il suffit de la visiter pour en dire plus. Ses palais sont ancrés depuis des siècles dans le quotidien tunisien et témoigne de l’originalité de ce patrimoine et de son ancienneté.  Dar El Haddad est l’un des plus anciens palais de la Médina.

Médina de tunis

Médina de tunis

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L’architecture arabo-musulmane a beaucoup influencé la Tunisie d’aujourd’hui. Les architectures modernes et les formes qu’on voit actuellement découlent en majorité de bases architecturales musulmanes.

Multiples sont les exemples d’architecture arabe en Tunisie, parmi les plus connues et les plus impressionnantes : la grande mosquée de Kairouan.
En entrant dans la mosquée, la première chose qui tape à l’œil du visiteur c’est bien évidemment l’enceinte. Percée de neuf portes, certaines d’entre elles sont devancées de porches saillants, flanqués de contreforts et dotées de coupoles s’appuyant sur des tambours carrés qui portent aux coins des trompes à trois voussures.
Selon différents historiens arabes du moyen âge, cette enceinte contenait, dans le temps, 10 portes. Ceci prouve qu’elle a subit des changements au cours du temps afin d’assurer la stabilité du bâtiment.

Grande mosquée de Kairouan

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Préhistoire : punique et phénicienne

 

Parmi les plus grands signes du multiculturalisme en Tunisie, l’impact des civilisations sur l’architecture urbaine dont on retrouve encore des ruines de l’époque phénicienne, carthaginoise et roumaine.
Les restes d’architectures antiques, qu’on trouve de nos jours en Tunisie, étaient consacrés aux pratiques funéraires.
Le petit village de Kerkouane, est le meilleur exemple de ruines antiques les mieux conservées en Tunisie, abritant encore des édifices puniques formant une cité entourée de remparts avec des maisons toutes équipées (commodités sanitaires, évacuations d’égouts, salles d’eaux avec baignoires et lavabos…).

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